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Les écologistes parisiens demandent la suspension du projet Thermo-sur-Seine à Vitry

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Les cheminées de l'ancien site EDF sur lequel la Ville de Paris souhaite installer le nouvel incinérateur. © DR

Très critiqué dans le Val-de-Marne, le projet de nouvel incinérateur que la Ville de Paris projette de construire à Vitry-sur-Seine ne convainc pas non plus les élus écologistes de la capitale.

Les opposants val-de-marnais au très clivant projet Thermo-sur-Seine, comme le Conseil départemental ou le territoire Grand-Orly Seine Bièvre, peuvent compter sur un renfort parisien. Les écologistes de la capitale demandent en effet la suspension de ce projet, porté par la Ville de Paris, prévoyant la construction, à l'horizon 2031, d'un nouvel incinérateur à Vitry-sur-Seine, sur un ancien site EDF situé dans le quartier des Ardoines. Une centrale de production de chaleur devant permettre d'alimenter en chaleur décarbonée le réseau de chauffage urbain de la capitale. Mais, dans le Val-de-Marne, population et élus se montrent peu disposés à subir les potentielles nuisances de cette installation. Et ils ne sont donc pas les seuls à la remettre en question.

La transition énergétique, mais pas à n'importe quel prix

Le 20 octobre, lors de leur conseil politique départemental, les militants écologistes de Paris ont ainsi adopté à l'unanimité une motion appelant à la suspension du projet et à "l'étude d'alternatives énergétiques plus durables, respectant la santé de toutes et tous et fondées notamment sur la sobriété, la rénovation thermique, la géothermie et les pompes à chaleur". "Cette décision est le fruit d'une réflexion collective engagée dès la rentrée par un groupe de travail de militants écologistes, pour approfondir les enjeux énergétiques, sanitaires, environnementaux, démocratiques et financiers du projet", expliquent Élisabeth Abanda-Ayissi et Frédéric Badina-Serpette, les co-secrétaires départementaux des Écologistes de Paris.

Si la sortie du gaz fossile reste, pour eux, "une nécessité absolue", "la transition énergétique ne peut se faire au détriment de la santé des habitants, de la justice sociale et environnementale et de nos objectifs de réduction des déchets", justifient les responsables écologistes, estimant que "remplacer notre dépendance au gaz par une dépendance à l'incinération des déchets n'est pas une solution" mais, au contraire, une "contradiction écologique" : "Comment défendre leur réduction tout en construisant une usine qui devra en brûler 450 000 tonnes par an pendant des décennies ?". Les écologistes parisiens invoquent également de "sérieuses préoccupations sanitaires dans des territoires déjà exposés aux pollutions".

« Nous refusons que Paris soit le seul décisionnaire »

Ils plaident ainsi pour "une réévaluation des besoins en chaleur à l'échelle métropolitaine, intégrant nos objectifs de sobriété énergétique et de réduction des déchets, ainsi qu'une étude approfondie des alternatives : énergies renouvelables, modernisation du réseau de chaleur et déploiement de pompes à chaleur réversibles à l'échelle du Grand Paris".

Ils défendent également une logique de dialogue réclamée côté val-de-marnais. "Nous refusons que Paris soit le seul décisionnaire et que les territoires voisins en subissent les nuisances. Un projet de cette ampleur ne peut être imposé sans associer pleinement les habitants et les collectivités directement concernés. La transition écologique doit réduire les inégalités territoriales, et non les aggraver", affirment les écologistes parisiens qui promettent de tenir cette position au risque de contrarier la majorité de gauche (PS, PCF, EELV) au sein de laquelle ils siègent.

"Il est encore et toujours temps de revoir ce projet. Sortir des énergies fossiles, oui. Mais pas au prix de nouvelles pollutions et d'injustices environnementales et territoriales !", insistent Élisabeth Abanda-Ayissi et Frédéric Badina-Serpette.

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