Richesse
La vague contestataire qui a submergé des centaines de lycées dans tout le pays en quelques jours a surpris tout le monde, à commencer par le gouvernement. Il est d'abord frappant de constater combien elle épouse les caractéristiques de l'époque. Si les réseaux sociaux ne l'ont pas inventée, ils lui ont donné une dynamique avec une redoutable efficacité : les vidéos de feux de poubelles sur Tik Tok font beaucoup mieux et plus vite que les tracts ou même les images télé des générations précédentes. Quant à la violence présente de plus en plus souvent dans la vie de notre société, elle s'est manifestée rapidement et gravement dans cette crise : personnels de l'éducation nationale molestés, policiers roués de coups, incendies de locaux, une partie - certes minoritaire - des lycéens en colère a fait basculer l'action dans l'émeute. C'est d'autant plus regrettable et condamnable que les difficultés dénoncées ne sont pas fictives : Parcoursup perçu comme injuste, professeurs non remplacés, classes surchargées, emplois du temps inadaptés, locaux dégradés. Elles sont d'autant plus difficiles à surmonter qu'elles ne sont pas toutes présentes partout et que la très forte contrainte budgétaire, pour l'Etat comme pour les régions - qui ont en charge les lycées - ne laisse guère de marge de manœuvre. De surcroît, le mouvement s'est développé largement en dehors des organisations lycéennes, n'a pas de leaders reconnus et ne s'oppose pas à une mesure symbole qui pourrait être levée pour calmer le jeu. Pourtant, il va bien falloir s'attaquer au dossier, au pire moment tant il exige une vision à moyen terme de notre système éducatif alors que nous sommes à six mois d'une élection présidentielle. Edouard Geffray, ministre de l'éducation, ouvre des plateformes de doléances pour tenter d'amorcer le dialogue le plus large possible. On peut se montrer sceptique, comme on peut souligner l'assez grossière récupération politique à laquelle s'attache LFI, mais après l'alerte de l'enquête PISA sur le niveau des élèves de 15 ans, le malaise lycéen vient nous rappeler à quel point la qualité de l'éducation est la richesse la plus stratégique d'un pays.




Des syndicats portent plainte contre le Conseil départemental du Val-de-Marne
