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La visite du pape Léon XIV en France a ouvert une sorte de trêve d'humanité – et non pas seulement humanitaire – dans une période fortement troublée par les guerres et leurs conséquences, y compris pour les pays non belligérants, mais aussi par des révolutions technologiques qui inquiètent précisément sur l'avenir de l'humain et par […]

La visite du pape Léon XIV en France a ouvert une sorte de trêve d'humanité – et non pas seulement humanitaire – dans une période fortement troublée par les guerres et leurs conséquences, y compris pour les pays non belligérants, mais aussi par des révolutions technologiques qui inquiètent précisément sur l'avenir de l'humain et par des menaces climatiques déjà hors de contrôle. Consensuel, le pape a voulu l'être auprès des catholiques, en particulier des jeunes réunis au Stade de France, les appelant à témoigner ensemble de leur foi, car il est bien conscient de la polarisation qui marque la communauté catholique comme la société française. Et elle représente un danger pour que le regain de baptisés dont se félicite l'Eglise de France, encore loin de compenser la forte baisse enregistrée depuis plusieurs décennies, ne soit pas qu'un feu de paille. Si le souverain pontife s'est montré capable de rassembler – sans renier son opposition à la loi sur la fin de vie, par exemple – c'est précisément parce qu'il accepte la diversité de la société et s'adresse, au-delà des catholiques, à toutes les consciences et au monde entier. En s'exprimant sur l'immigration et sur le sort des plus démunis, en appelant à la vigilance sur l'I.A., faux "paradis des machines" menaçant l'humain dans ce qui le distingue, en n'hésitant pas à critiquer Donald Trump dans ses outrances, Léon XIV n'est pas hors sol. Il met le doigt sur des problèmes majeurs et déterminants pour la vie des hommes et des femmes de son époque. Et, dans son rôle et à sa façon, sans avoir le pouvoir d'en décider, il montre combien la réponse à des questions clés dépend aussi de notre capacité à dépasser nos sensibilités, notamment politiques et religieuses. Ainsi en va-t-il de son propos sur la paix, passage obligé de tout discours papal, mais assorti d'un soutien marqué à la construction européenne, exemple de dépassement au service de la paix 
; il ne suffit pas de souhaiter la paix, il faut mettre en œuvre ce qui la permet. Un pape ne parle pas de consensus, il appelle à la fraternité. On peut lui être reconnaissant d'avoir réhabilité cette valeur essentielle à l'équilibre de notre devise nationale.

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