Pas de nouvelles élections municipales à Clichy-la-Garenne
Contre toute attente, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a finalement écarté le scénario d'une annulation des élections municipales de mars dernier à Clichy-la-Garenne. Une surprise, car, fait assez rare, les juges n'ont pas suivi l'avis de la rapporteure publique, qui s'était prononcée en faveur de l'annulation de ce scrutin marqué par des irrégularités dénoncées par la socialiste Julie Martinez, dont la liste d'union de la gauche "Vivre Clichy" s'était inclinée au second tour des élections face à la liste (DVD) de Rémi Muzeau. Un duel que le maire (LR) sortant avait remporté avec 51,83 % des suffrages exprimés et 731 voix d'avance.
Saisi d'un recours déposé par la liste "Vivre Clichy", le tribunal administratif a estimé que "les irrégularités constatées n'ont pas porté atteinte à la sincérité du scrutin et qu'elles ne pouvaient conduire à remettre en cause les résultats", au regard notamment de l'écart de voix entre les deux listes, y compris des irrégularités liées aux procurations. La décision du tribunal administratif "écarte très clairement l'ensemble des griefs avancés", a commenté la majorité municipale de Clichy, dans un communiqué, insistant sur le fait que "le juge administratif a tenu à préciser qu'il ne résulte pas de cette instruction que M. Muzeau et les autres colistiers aient été informés d'éventuelles manœuvres".
Julie Martinez va saisir le Conseil d'État
Le tribunal administratif "considère que les faits relèvent de la justice pénale", explique de son côté Julie Martinez, dans une vidéo publiée sur Facebook. "Et cette enquête est bien en cours", appuie l'élue d'opposition, rappelant qu'"elle a déjà donné lieu à des perquisitions au sein de l'hôtel de ville ainsi que dans ses annexes, et a donné lieu également à cinq gardes à vue, dont deux adjoints de Rémi Muzeau". "On parle d'usurpation d'identité, de votes détournés et de tentative d'achat de voix et de silence", énumère-t-elle. Et la socialiste ne compte pas en rester là. "Face à la gravité des faits", Julie Martinez a décidé de se pourvoir devant le Conseil d'État.
Dans son jugement, le tribunal administratif indique que, si les faits "révèlent l'existence d'une fraude, eu égard au nombre établi, en l'état de l'instruction, des votes exprimés au moyen de procurations irrégulières et à l'écart de 731 voix séparant les deux listes présentes au second tour du scrutin, ils n'ont pu avoir d'incidence sur les résultats des élections ni sur la répartition des sièges". Mais, pour Julie Martinez, "une voix usurpée reste une voix usurpée" et "il ne peut pas y avoir de seuil à partir duquel une fraude devient acceptable". Reste à savoir quelle sera la décision du Conseil d'État et quels seront les prochains développements de l'enquête pénale qui, pour l'heure, n'a établi aucune responsabilité...




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