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Tactique politique

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La bataille budgétaire est engagée et elle vient nous rappeler qu'il y a deux façons d'appréhender l'économie. Du point de vue macro, c'est-à-dire d'en haut, on s'alarme des 3.600 milliards de dette publique qu'il faut financer moyennant des taux d'intérêt de plus en plus élevés, au point que les intérêts versés représentent aujourd'hui le premier […]

La bataille budgétaire est engagée et elle vient nous rappeler qu'il y a deux façons d'appréhender l'économie. Du point de vue macro, c'est-à-dire d'en haut, on s'alarme des 3.600 milliards de dette publique qu'il faut financer moyennant des taux d'intérêt de plus en plus élevés, au point que les intérêts versés représentent aujourd'hui le premier poste de dépenses de l'Etat. Il va donc falloir réduire le déficit budgétaire en 2027, en visant 5 %, et pour cela trouver 54 milliards d'économies. Du côté micro, à savoir du citoyen consommateur, la question de brûlante actualité est simple : comment faire face à la hausse continue des carburants (bientôt 3 € le litre de SP 95 à la pompe ?) alors qu'il s'agit souvent d'une dépense contrainte ? La France n'est pour rien dans le déclenchement de la guerre en Iran, mais elle en paie les conséquences. Le gouvernement pourrait-il baisser les taxes de façon généralisée ? Evidemment pas, sauf à creuser encore le déficit, donc il s'en tient à des aides ciblées et temporaires. Poutine, bien qu'enlisé dans sa guerre en Ukraine, semble engagé dans une fuite en avant, notamment via des attaques hybrides contre plusieurs pays européens. Il est donc urgent de renforcer nos moyens de défense et de poursuivre le soutien à l'Ukraine. Si elle devait lâcher, c'est l'Union Européenne qui exploserait. Peut-on attendre une éclaircie dans l'après-Trump ? Sans doute une relation plus prévisible avec les Etats-Unis, mais sans illusion excessive sur leur implication dans la sécurité de l'Europe, ni sur leur conception de la compétition économique, en particulier s'agissant des nouvelles technologies et de l'I.A. Sur tous les sujets clés, nous dépendons donc beaucoup plus de l'évolution des conflits géo-politiques que de la volonté de tel ou tel dirigeant de résoudre nos problèmes micros, aussi légitimes soient-ils. Une seule chose est sûre : on ne peut continuer à creuser notre déficit, sauf à condamner par avance le futur locataire de l'Elysée, quel(le) qu'il (elle) soit, à déchirer son programme et à assumer l'austérité. Rationnellement, tout le monde a donc intérêt à voter les "efforts" demandés pour 2027 en faisant porter le chapeau à Emmanuel Macron. Quitte à modifier le budget avec une nouvelle assemblée ; cela s'appelle de la tactique politique.

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