Grand Paris Express : 3 milliards d’euros pour le nouveau métro

Ambroise Fayolle, le vice-président de la Banque européenne d'investissement, et Jean-François Monteils, le président du directoire de la Société des grands projets. © Thomas Béhuret/Société des grands projets
Le Grand Paris Express peut compter sur le soutien de la Banque européenne d'investissement (BEI). L'institution de financement à long terme de l'Union européenne (dont les actionnaires sont les États membres de l'UE) a décidé de mobiliser un financement de 3 milliards d'euros pour la réalisation de la partie ouest de la ligne 15 du nouveau réseau de métro de banlieue. Une enveloppe (approuvée par le conseil d'administration de la BEI en juillet dernier) dont une première tranche de 500 millions d'euros de prêt a déjà été signée. Pour mémoire, entre 2016 et 2023, la BEI avait déjà accordé un financement de 3,5 milliards d'euros (en trois enveloppes distinctes) pour la construction de la partie Sud de la ligne 15 du Grand Paris Express. Elle aura ainsi mobilisé 6,5 milliards d'euros de prêts au total pour la seule ligne 15. Ligne qui formera, à terme, une rocade de 75 km autour de la capitale (avec ses tronçons Sud et Est) pour devenir la plus longue ligne de métro de l'Union européenne.
Cette « confiance renouvelée » de la Banque européenne d'investissement réjouit Jean-François Monteils, le président du directoire de la Société des grands projets (SGP, ex-Société du Grand Paris), l'établissement public qui pilote la réalisation du Grand Paris Express : « Dans un contexte de taux élevés, elle vient sécuriser le financement d'un projet qui transformera durablement les déplacements dans la métropole et contribuera à la décarbonation des mobilités dans la région ». Entièrement souterraine, la partie ouest de la ligne 15 du métro s'étendra sur 22,4 km et desservira quatorze communes des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis, via 11 gares, entre Sèvres/Boulogne-Billancourt et Saint-Denis. « Ce seul tronçon, fortement connecté au réseau de transport existant, accueillera 600 000 voyageurs par jour, dans les 11 gares qui le jalonnent, souligne Jean-François Monteils. Il permettra notamment d'accéder au quartier d'affaires de La Défense, premier quartier d'affaires d'Europe, depuis l'ensemble de la métropole sans passer par le centre de Paris, offrant ainsi une nouvelle alternative de transport pour les 200 000 salariés, 70 000 étudiants et 50 000 habitants du quartier. » Sa mise en service est prévue en 2031.
Le plus grand projet de transport d'Europe
En connectant des territoires aujourd'hui enclavés, mal desservis ou dépendants du centre de la capitale en termes de transports en commun, la ligne 15 du Grand Paris Express va simplifier la vie de nombreux Franciliens et usagers des transports en commun voire leur offrir de nouvelles perspectives en termes d'emploi, de logement... La ligne 15 et le Grand Paris Express dans son ensemble qui, d'ici 2031, va doubler le réseau de métro existant avec quatre nouvelles lignes (les lignes 15, 16, 17 et 18) et les prolongements nord et sud de la ligne 14 mis en service pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Soit environ 200 km de lignes supplémentaires et 68 nouvelles gares où 3 millions de voyageurs seront attendus quotidiennement. Un métro 100 % automatique, 100 % électrique et 100 % accessible. Le Grand Paris Express est un projet de transport, mais aussi un projet d'aménagement puisqu'il s'accompagne de la création de nouveaux quartiers autour des nouvelles gares (avec des logements, des commerces, des services) dont la desserte simplifiée renforce l'attractivité des communes et territoires concernés.
« Ce projet d'une complexité extrême, le plus grand projet d'infrastructure de transport urbain en cours en Europe, vise à mieux connecter entre elles les communes de l'Ile-de-France, à désengorger le centre de Paris et à réduire la saturation du réseau existant. La banque de l'Union européenne réaffirme ainsi son engagement fort pour le transport décarboné et le ferroviaire, symboles d'un environnement plus propre et de villes plus vivables », justifie Ambroise Fayolle, le vice-président de la Banque européenne d'investissement.



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